Depuis la seconde moitié de 2022, BYD, qui a connu une croissance fulgurante sur le marché chinois, a accéléré son expansion à l'étranger. Cependant, cette offensive se heurte à des vents contraires croissants.

L'empire automobile japonais : trois cercles

Le Japon dispose d'un vaste empire automobile. Chaque année, environ 800 000 véhicules sont produits au Japon, dont la moitié est exportée. Mais surtout, les constructeurs japonais produisent plus de 16 millions de véhicules à l'étranger chaque année. Ils ont établi 179 sites de production et de pièces détachées dans le monde. Le réseau des商社 (shōsha) japonais, comme Mitsubishi, Itochu, Mitsui, Sumitomo et Marubeni, fournit un soutien logistique et commercial crucial.

L'empire est structuré en trois cercles :

  • Cercle extérieur : Europe, Amériques, Moyen-Orient, Australie, Chine – parts de marché élevées mais concurrence féroce.
  • Cercle intermédiaire : Asie du Sud-Est et Inde – position dominante voire monopolistique.
  • Cercle intérieur : Japon – marché domestique quasi impénétrable malgré des droits de douane nuls.

Les progrès de BYD

BYD a réalisé des avancées significatives dans le cercle extérieur. En Israël, BYD est le cinquième vendeur de voitures toutes catégories confondues (8 497 unités de janvier à mai 2023). En Australie, marché de 1 million de véhicules par an, BYD profite du vieillissement du parc automobile. Au Brésil, BYD prévoit d'installer une usine avec un investissement de 565 millions de dollars. En Europe, BYD connaît une croissance rapide, notamment en Allemagne où un employé de Volkswagen a remarqué que « sur dix voitures dans le parking, une est une BYD ».

Même au Japon, BYD a ouvert 22 concessions début 2023 et prévoit d'en avoir 100 d'ici 2025.

Les défis

Malgré ces succès, la concurrence reste rude. Les constructeurs japonais résistent : Toyota a lancé une formation pour dénigrer les voitures électriques. En Chine, des incidents ont visé les concessions BYD à Hong Kong. L'Union européenne envisage une enquête antidumping sur les véhicules électriques chinois. En Asie du Sud-Est, où les Japonais dominent, BYD doit investir massivement.

Dans le cercle intérieur japonais, la percée reste difficile. Cependant, la tendance est favorable aux constructeurs chinois : en 2023, la Chine a dépassé le Japon comme premier exportateur mondial d'automobiles au premier trimestre.