I. Introduction

En décembre 2024, un incident de travail choquant a eu lieu dans l'usine de BYD à Camaçari, au Brésil. Le ministère public du travail brésilien, en collaboration avec d'autres institutions, a accusé BYD et son sous-traitant Goldin Construction de pratiques de travail forcé et de traite d'êtres humains, libérant 163 travailleurs chinois. Cet événement a mis en lumière les défis de conformité pour les entreprises chinoises en Amérique latine, touchant à des questions de droits des travailleurs, de différences culturelles et de responsabilité sociale des entreprises.

II. L'incident du travail de BYD au Brésil et son évolution

2.1. Projet de l'usine de BYD au Brésil

L'investissement de BYD au Brésil, annoncé en juillet 2023, est un jalon pour l'industrie automobile électrique chinoise. Le projet, situé à Camaçari, comprend trois usines avec un investissement initial de 30 milliards de réaux (environ 45 milliards de yuans chinois), visant une production initiale de 150 000 véhicules par an. Le projet a reçu un soutien gouvernemental important, avec le président brésilien Lula le décrivant comme un élément clé de la « réindustrialisation » du pays.

2.2. Chronologie de l'incident

  • 5 mars 2024 : L'usine commence ses travaux.
  • Avril 2024 : La syndicale SINDTICCC signale des problèmes de conditions de travail.
  • 30 septembre 2024 : Le ministère public du travail de Bahia (MPT) lance une enquête après une dénonciation anonyme.
  • 11-28 novembre 2024 : Des inspections sur le site et des vérifications de la santé et sécurité des travailleurs.
  • 1-2 décembre 2024 : Deux accidents graves touchent des travailleurs chinois, entraînant l'intervention de la syndicale locale.

2.3. Les accusations du gouvernement brésilien et les réponses des entreprises

2.3.1. Les accusations du MPT

Le MPT a détaillé des conditions de travail inacceptables : logements surpeuplés sans sanitaires séparés, heures de travail excessives (10 heures/jour, 25 jours sans pause), contrats de travail injustes (prélèvements de 60 % des salaires, frais de résiliation élevés), restrictions de mobilité (passeports retenus, sortie interdite sans autorisation), et manque de protections de sécurité. Ces pratiques ont été qualifiées de « travail forcé » selon la loi brésilienne.

2.3.2. Les réponses de BYD et Goldin Construction

BYD a déclaré avoir résilié son contrat avec Goldin Construction, affirmant ne pas tolérer les violations des lois brésiliennes. Goldin a contesté les accusations, soulignant des malentendus culturels et des erreurs de traduction. Des travailleurs ont fourni des déclarations vidéo affirmant que leurs salaires étaient versés et qu'ils soutenaient l'entreprise.

2.4. Les dernières évolutions (2025)

En mai 2025, le tribunal du travail brésilien a porté des charges pénales contre BYD et ses partenaires, demandant 220 millions de réaux (324 millions de yuans) en dommages-intérêts pour 220 travailleurs. Le projet a également été impacté par la suspension des visas de travail temporaires par le ministère des Affaires étrangères brésilien.

III. Leçons pour les entreprises chinoises en Amérique latine

L'article propose des stratégies pour atténuer les risques : renforcer les systèmes de conformité, améliorer la communication interculturelle, établir des mécanismes de gestion de crise, optimiser la gestion des partenaires de la chaîne d'approvisionnement, et solliciter le soutien des gouvernements et des associations sectorielles. L'incident illustre que la compétition mondiale ne se limite pas aux marchés, mais aussi aux capacités de gouvernance et de conformité.