Récemment, tout le monde se demande : les Coréens ont-ils vraiment évolué pour ne plus dormir ?
Des cafés 24 heures sur 24, des salles de sport bondées à 4 heures du matin, des visages qui tapent à 9 heures sur les machines de pointage... Cette routine épuisante cache une phrase qui fait frissonner :
"Quatre heures de sommeil, vous entrez à l'université rêvée ; cinq heures, vous échouez."
Cette compression extrême du sommeil n'est pas réservée aux adultes en carrière, mais commence dès l'enfance. Quand le sommeil est associé à la paresse et à l'échec, rester éveillé devient une forme de fierté. Cette logique pathologique s'est prolongée dans le monde professionnel, où le sommeil est devenu le luxe le plus abordable.
C'est pourquoi on voit des routines comme "4 heures de sport, 9 heures de travail" qui semblent inhumaines, mais qui sont fièrement adoptées. Les Coréens n'ont pas évolué pour ne plus dormir, ils ont simplement "porté" le sommeil.
Cette routine est typique des élites professionnelles, des étudiants en préparation ou des artistes. Les données du ministère coréen du travail montrent que les employés à temps plein travaillent en moyenne plus de temps supplémentaire que la limite légale. De plus, la culture hiérarchique au travail oblige souvent les subordonnés à "faire la fête" avec leurs chefs.
Pour les jeunes, le temps est vraiment limité : rentrer à 9 ou 10 heures est une routine courante. Comme le temps après le travail n'est plus leur propre, ils doivent "voler" du sommeil pour gérer leur apparence (l'obsession de l'apparence est le ticket d'entrée social par défaut).
Ainsi, les 4-5 heures du matin deviennent leur seule liberté. Mais cela cache une réalité physiologique : ils ne peuvent pas le supporter, ils doivent compter sur la caféine. En Corée, une rue équivaut à un café, le café glacé est presque dans le sang des Coréens. Les jeunes utilisent le café glacé et des compléments alimentaires (comme le liquide de ginseng rouge, des comprimés de protection hépatique) pour survivre, ce qui n'est plus un secret. Le film "Le prochain Soo-ji" illustre parfaitement cette réalité.
Si vous regardez des K-dramas, vous remarquerez que la vie nocturne des Coréens est très riche. Un internaute a taquiné : "Le sang des Coréens est composé de café glacé." En Corée, beaucoup dorment seulement 3-4 heures par jour, ce qui est inimaginable dans d'autres cultures. Et si vous pouvez dormir 8 heures, vous êtes peut-être un étrange.
Le gène "travailleur" inné et l'anxiété de classe sont les premiers moteurs de cette "évolution". Être capable de rentrer à l'heure en Corée est une véritable luxure.
Lorsque la nuit tombe, c'est souvent le début de la lutte pour survivre. Pour terminer leurs tâches, ils doivent sacrifier leur sommeil précieux. L'habitude de ne pas dormir, acquise dès l'école, fait que les générations pensent inconsciemment que dormir beaucoup n'est pas bon.
Pour "avancer", les enfants sacrifient toutes leurs pauses et loisirs. Ce système excessif de concentration sur les notes et les classements fait vivre chaque enfant dans la peur d'être le dernier.
Le "nuit de protestation" coréen, qui continue de pousser cette "évolution", est aussi unique. Les repas d'entreprise (회식) sont une partie incontournable de la culture professionnelle : plusieurs repas, chant, alcool, même des réunions tardives dans des restaurants de snacks, sont vus comme des opportunités pour renforcer l'esprit d'équipe. Cette culture collective pousse les employés à participer, même si cela signifie sacrifier leur sommeil. Les réunions entre amis sont également importantes, la vie nocturne est un moyen de se décharger et de partager sa vie.
Afin de s'adapter à cette culture nocturne, la société coréenne a développé des mécanismes uniques : de nombreuses entreprises proposent des pauses déjeuner, les transports en commun fonctionnent tard, et les 24 heures de magasins, restaurants et cafés rendent la nuit coréenne sans concept de fermeture.
Considérer le sommeil comme un luxe n'est pas réservé aux Coréens. À l'échelle mondiale, plus les villes sont développées, plus les gens dorment moins. Cette "insomnie urbaine" devient une maladie commune aux travailleurs.
Appelée "la perle de l'Est", Hong Kong est en réalité appelée par beaucoup "la ville des insomnes". Les espaces de vie moyens sont plus petits qu'une table de ping-pong, sous une pression professionnelle intense, il y a aussi des " immeubles nanométriques" : étroits, bruyants, sans intimité. Beaucoup, même à la maison, ne peuvent pas avoir un sommeil profond. Dans cet environnement de prix élevé, les gens échangent leurs pas les plus rapides contre les mètres carrés les plus chers, le sommeil est sacrifié en premier.
Comme Hong Kong, New York, ville commerciale prospère, est appelée "la ville qui ne dort jamais". La réputation des nuits animées semble romantique, mais la réalité est les taches de rouille du métro, les lumières de Times Square, la comparaison de l'Est supérieur, qui créent une anxiété insoutenable. Les dettes élevées, la compétition intense et les pressions psychologiques font que près de la moitié des Américains dorment moins de 7 heures par nuit.
Revenons à Tokyo, au Japon. Le train est précis à la seconde, le sourire professionnel est précis à l'arc. Les gens plient leur vrai soi dans un costume : c'est une autre forme de "défaite" quotidienne. Les personnes qui vivent en ville mais n'ont pas de maison, ou qui ne peuvent pas rentrer à cause du travail, ont donné naissance aux premiers appartements en capsules, aux pubs internet ; ceux qui travaillent dur et ne veulent pas rentrer à la maison, boivent dans des izakayas jusqu'à se faire ivrer, puis prennent le dernier train jusqu'à leur appartement en capsule. Ici, l'insomnie n'est pas un cri, mais un silence sans réponse.
Que ce soit Séoul, Hong Kong, New York ou Tokyo, les jeunes de ces villes traversent la même crise : vendre leur temps pendant la journée pour survivre, puis dépenser leur santé la nuit pour récupérer un peu de liberté.
Pourquoi les jeunes aiment-ils "être un employé pendant la journée, un sauvage la nuit" ? Cette mentalité de "ne pas pouvoir dormir" est un véritable miroir des jeunes Coréens qui sacrifient leur santé pour un réconfort psychologique. En essence, c'est une forme de rébellion silencieuse contre la liberté perdue pendant la journée, ce que nous appelons souvent "fuite de nuit".
Ainsi, des "paquets anti-catastrophe" ont émergé : café glacé en excès pendant la journée, et des compléments comme le CoQ10, des comprimés de protection hépatique, des vitamines "pour se ressourcer" la nuit. Mais cela fonctionne vraiment ? Les experts médicaux avertissent : ce n'est pas seulement une consolation psychologique, mais un "accélérateur de catastrophe".
Lorsque l'on reste éveillé, le système nerveux sympathique est en alerte pendant des heures, le rythme cardiaque augmente, la pression artérielle monte. Si, pour "se discipline", on fait de l'exercice intense ou continue de compter sur la caféine, on donne un coup de frein à un système cardiovasculaire déjà tendu. Cela ne prévient pas les catastrophes, mais peut provoquer des arythmies, des ischémies cardiaques, voire des arrêts cardiaques. L'idée de "consommer et se réparer" est une transaction perdante. Les compléments ne peuvent fournir qu'un soutien nutritionnel faible, mais ne peuvent pas éliminer les toxines métaboliques dans le cerveau ou réparer le système cardiovasculaire endommagé.
Plus touchant est que beaucoup "ne peuvent pas dormir" ou "ne veulent pas dormir", c'est la cause de la "pauvreté du sommeil". Cette mentalité de "ne pas vouloir dormir" est en réalité une rébellion silencieuse contre la liberté perdue pendant la journée. Ils essaient de compresser le sommeil pour forcer une extension de leur "temps libre". Mais c'est une transaction perdante : sacrifier la santé de demain pour un plaisir nocturne court. Quand l'alarme sonne le matin, ils boivent une tasse de café glacé, portent un corps encore plus fatigué, et continuent le cycle.
En conclusion
Ces dernières années, les nouvelles sur les décès prématurés des jeunes ont souvent fait la une. L'expression "sommeil tôt, se lever tôt" est devenue obsolète. Les décès prématurés des jeunes, en plus de la surcharge, sont de plus en plus liés à la privation de sommeil. La logique erronée selon laquelle être jeune donne le droit de rester éveillé, est progressivement érodant la santé. En essence, la fuite de nuit est une partie de jeu perdue.
Les jeunes de Séoul qui tentent de récupérer le contrôle de leur vie la nuit, transigent leur santé de demain pour combler la liberté et le plaisir perdus pendant la journée. Le résultat est : la fuite de nuit ne résout pas l'anxiété de la journée, mais apporte un corps plus fatigué et des émotions plus instables le lendemain.
Dans cette ère hautement compétitive et rapide, avoir la capacité de "se coucher directement" est en réalité le plus haut niveau de luxe. Si vous êtes également dans la "pauvreté du sommeil", essayez de poser votre téléphone, de quitter plus tôt les repas, même dormir demi-heure plus tôt. Après tout, seul le sommeil permet d'avoir la force de lutter contre ce monde imparfait.
END
Auteur | Jully
Éditeur | Ye Huo Da
Zhihu
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